Rapprochement entre l’ESAR et la Maison-Musée Fondation Raymond Devos
Il y a des filiations invisibles.
Celles qui ne s’annoncent pas, mais qui s’éprouvent.
Le rapprochement entre l’École Supérieure des Arts du Rire (ESAR) et la Maison-Musée Fondation Raymond Devos relève de cette évidence-là.
Permettre à nos élèves d’avoir accès à des textes inédits de Raymond Devos — des sketches entièrement écrits et jamais interprétés, des fragments à compléter, des amorces à prolonger — est un privilège rare. C’est un matériau inestimable.
Devos n’est pas seulement un monument du rire. Il est un architecte du langage, un musicien de l’absurde, un penseur du vertige. Travailler ses écrits, les comprendre de l’intérieur, en éprouver la mécanique, les silences, les respirations, est pour nos élèves une chance immense. Le génie de Devos possède aussi cette qualité d’être intemporel : ce qu’il écrivait hier résonne encore aujourd’hui, et les thèmes qu’il explorait demeurent d’une étonnante actualité.
C’est un atout décisif dans leur formation : apprendre au contact de l’exigence la plus haute, dialoguer avec un maître, oser entrer dans un univers qui explorait tous les arts du rire pour y inscrire, à leur tour, leur singularité.
Ce partenariat n’est pas formel. Il est fondé sur la confiance et sur une complicité artistique. Il témoigne d’une conviction commune : la mémoire n’a de sens que si elle nourrit la création vivante.
Nous remercions profondément et sincèrement la Maison-Musée et Fondation Raymond Devos de permettre l’accès à des archives (ou au patrimoine de l’artiste) et d’ouvrir ainsi aux élèves de l’ESAR un espace de travail (on pourrait aussi ajouter un lieu de résidence) aussi précieux qu’inspirant.
Former des artistes du rire, c’est transmettre une exigence.
Grâce à cette fondation, et à l’héritage profondément vivant de Raymond Devos, nous la transmettons au plus haut niveau.
Devos, 20 ans après, continue d’ouvrir des chemins au rire et à la pensée.
Geneviève Meley Othoniel et Frédéric Biessy